Chargé de l’intégration des parcs
éoliens et solaires dans le paysage

Chargé de l’intégration des parcs <br>éoliens et solaires dans le paysage - H2Air

Avant d’être déposé auprès des services de l’État pour instruction, un projet éolien doit faire l’objet d’études afin d’en mesurer les impacts écologiques, acoustiques et paysagers. H2air est notamment doté d’un expert paysager. Diplômé en aménagement du territoire, Thibault supervise la réalisation des photomontages.

En quoi consiste votre travail ?

Ma mission consiste à accompagner les projets sur les enjeux liés aux paysages. Nous travaillons sur des territoires qu’il convient de respecter. Nous préparons au mieux une future intégration paysagère des éoliennes, en travaillant par exemple sur leur disposition ou leur taille. En cela, les schémas régionaux climat, air, énergie et l’atlas des paysages constituent des références. Il s’agit de procéder à une analyse globale du territoire délimité en fonction des possi­bilités d’accueil de la zone étudiée. Après un pré diagnostic interne suite à nos études préalables, nous faisons appel et accompagnons un bureau d’études spécialisé indépendant, qui va réaliser un état initial du territoire, définissant les principaux enjeux autour de la zone d’implantation potentielle. L’évaluation des impacts paysagers doit fournir une étude la plus objective et la plus fidèle possible.

Qu’est-ce qu’un photomontage éolien ?

Le photomontage a pour objectif de simuler le parc éolien sur une photogra­phie de l’existant. Pour les services de l’État comme pour les riverains, il s’agit de disposer d’une projection la plus proche du parc éolien qui serait construit. Conçus à partir d’une méthodologie précise, les photomontages donnent une perception globale de la vue, c’est-à-dire la position et la taille des éoliennes dans un paysage observé. Cela nécessite en amont un gros travail photographique et cartographique. Nous établissons avec le bureau d’études une liste de points de vue représentatifs : les monuments historiques, les points de vue, les axes structurants, les sites naturels, etc. Un projet éolien nécessite, dans un premier temps, une quaran­taine de photomontages intégrant notamment les entrées et sorties des communes à proximité. Ces multiples vues sont ensuite intégrées à un carnet de photomontages, intégrant l’étude d’impact qui sera soumise pour étude aux services de l’État, puis à enquête publique. Les photomontages prennent également en compte les autres parcs existants, non construits mais autorisés, et ceux en instruction.

Comment sont réalisés les photomontages ?

Pour être les plus proches de la réalité, nous devons réaliser les photomon­tages avec méthodologie et rigueur. Nous utilisons les photos prises sur le terrain, idéalement par beau temps pour plus de visibilité, avec un appareil photo professionnel comportant un GPS, pour pouvoir intégrer les coordonnées. Nous utilisons une focale de 50mm. Les panoramas sont générés par un logiciel permettant l’assemblage panoramique de photographies. Nous utilisons aussi au quotidien le logiciel WindPRO dédié à l’éolien, permettant notamment la création de photomontages. Ce n’est pas un logiciel de retouche photo ou de dessin vectoriel. Les éoliennes sont placées sur un modèle numérique de terrain selon des modèles des différents constructeurs répertoriés dans le logiciel. Les machines sont ainsi modélisées à leur emplacement en 3D en simulant leur taille et leur forme. Intégrant la photo­graphie, les points de vue sont également placés sur le modèle numérique de terrain à partir des coordonnées relevées lors des prises de vues. Des points de repères complé­mentaires comme une église, facilement identifiables et géoréférencés, vont être intégrés à l’espace de travail afin d’affiner le résultat. A partir de ces différents points de vue et points de repère, le logiciel va calculer l’emplacement des éléments sur la photographie.

Les teintes des éoliennes varient en fonction de l’heure, de la saison et de la météo. Ces photomontages sont ensuite exportés en format panoramique et avec un angle de vue à 60° maximum selon la méthodologie demandée par l’État, afin de restituer l’échelle du paysage.

Les photomontages ne sont pas un avant-goût aléatoire du rendu d’un projet, c’est un réel outil de projection et d’analyse.

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